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jeudi 14 avril 2011

1981 rules in DMA !


La semaine dernière avait eu lieu le vernissage de Rennes 1981, une expo rétrospective sur la culture rennaise des années 1980, punk, rock et underground. L'exposition concerne également un revival musical avec une série de concerts (à guichets fermés !).

Dans la petite mais populaire galerie, on pouvait y voir se côtoyer des photos de l'époque ou actuelles (dont certaines du fameux Richard Dumas) ou des toiles de l'artiste rennais Poch (à l'origine du projet) accompagnés par d'autres plasticiens et photographes non-moins célèbres. Artistes surtout témoins d'une époque que la génération 1980s se remémore avec nostalgie.

(Artiste: Dany Delboy)

Le vernissage fut l'occasion de découvrir ou de redécouvrir la scène et l'ambiance rennaise des 1980s, ou encore de retrouvailles entre vieux amis, avec même le secret espoir de revoir ses premiers amours... J'ai même eu l'occasion d'entendre des anecdotes de premier plan d'une ancienne égérie de rockeur ! Il n'y aura plus d'occasion d'une telle jeunesse, pensais-je avec soupir. Et en vieille réac' que je suis, j'affirme que les jeunes d'aujourd'hui ne connaissent rien et peu de choses viendront marquer leur époque. Génération Gossip Girl ...

(Tableaux de T. Marinescu)

La génération 1980s est selon moi, la génération qui domine plusieurs époques culturelles dont celle de maintenant. Qu'on ait été ado ou qu'on soit nés dans les débuts des eighties, on exerce encore notre influence artistique ou musicale (du moins je l'espère) surtout que la jeunesse semble durer plus longtemps de nos jours. D'autant que plusieurs mythes sont nés dans les alentours de 1980s (le clip vidéo, les mythes musicaux, la jeunesse déglingos, les jeux vidéos, le rubik's cube, les enfants d'immigrés ...). La preuve est qu'on assiste au retour musical du rock made in 1980s tandis que M6 tente de faire revivre son Dance Machine ! Héritage des 1990s qui a vu naitre boys bands, tecno music et sitcoms français entre autres.

(Artiste : Poch)

Après un piètre retour au rock façons Beatles, garage ou même new wave (qui ont donné naissance au cucul Baby rock) on arrive à une ère où on s'en fout que l'artiste chante pour de vrai ou qu'il offre du déjà vu, du moment qu'il fasse parler de lui et qu'il s'exhibe assez. Triste à dire... mais en y réfléchissant, les trucs qui font succès maintenant sont juste le reflet des goûts des jeunes de l'époque actuelle.

dimanche 27 février 2011

Glissements chez DMA

Dans la veine du sujet concernant le film de Banksy, voici une petite actu culturelle qui se passe à Rennes jusqu'au 2 avril. Il s'agit surtout de l'artiste Mardi Noir qui travaille sur les murs et détourne aussi des éléments aux allures baroques ou insolites, le tout avec un détachement peut être moqueur mais aussi critique de l'environnement qui entoure ses œuvres .

Image piquée sur le site de DMA.

Banksy est d'ailleurs nommé aux oscars mais ne participera sûrement pas car il lui est interdit de venir déguisé afin de dissimuler son identité.

mardi 28 décembre 2010

Faites le Mur, un film de Banksy

Une grosse crève me clouant chez moi, je suppose que j'ai le temps pour mes élucubrations cinématiques d'autant plus qu'étant bénévole dans un cinéma j'ai la possibilité de voir beaucoup de films... Je me sens investie d'une mission d'utilité publique (*auto persuasion*) !

Le film de ce soir sera, vous l'aurez compris, celui de Banksy soi-disant sur le street artist Thierry Guetta aka Mr Brainwash. Pourquoi soi-disant ? Parce que le personnage excentrique de MBW est un peu gros. Pas par l'embonpoint mais par son "existence". Pour authentifier ce monsieur français qui a vécu son rêve américain à fond (revendre des vêtements vintages à 300% de leur prix aux bobos chics de L.A.) on nous montre des images d'archives familiales qui ne peuvent pas remettre en cause qu'il existe bel et bien, qu'il habite aux USA et qu'il est marié à une charmante femme (pas nommée Cathy heureusement).

Le film est présenté comme un documentaire sur ce personnage donc. De son intérêt à filmer, en passant par sa découverte des graffitis et finissant sur sa propre ascension dans le milieu appelé désormais "street art", avec comme élément déclencheur sa rencontre avec Banksy. Tout d'abord Thierry Guetta se contente de suivre les graffeurs comme leur ombre (leur tapant sur les nerfs souvent) durant leurs périples nocturnes ce qui lui permet de nouer des contacts au fil des rencontres, à commencer par son "cousin" le fameux Space Invader... Le film est truffé de détails gros comme des maisons qui décrédibilisent TG tout en mettant en valeur les autres artistes. Tiens d'ailleurs je trouve ça bien trouvé comme nom, Space Invader puisqu'il s'approprie les murs privés comme supports pour ses mosaïques, même jusque Rennes !

Je pense que le hoax, l'imposture, a eu lieu dans le secret et que le résultat est un film "foutage de gueule" pour la bonne cause. Le "documentaire" est fait de telle sorte qu'on y croie car il y a beaucoup d'éléments véridiques comme certaines images inédites sur les activités des artistes (par exemple la réserve de faux billets à l'effigie de Lady Di de Banksy ou la réalisation de la cabine téléphonique couchée) ou des aperçus très chouettes sur les "œuvres". Le moment où j'ai commencé à douter c'est justement l'histoire de la rencontre avec Banksy : un graffeur appelle TG tout d'un coup comme ça pour emmener Banksy sur les bons spots, ensuite TG lui offre un portable pour le joindre etc. Là où j'ai été convaincue c'est quand TG a eu son accident d'échelle alors qu'il préparait son expo. D'autres éléments sont plutôt humoristiques comme lorsque l'assistant se plaint, ou alors lorsque MBW négocie le prix exorbitant de ses toiles ou encore lorsque qu'il réalise des sérigraphies "uniques" au fauteuil roulant.


Le film documentaire moqueur est plus profond qu'il n'y parait et possède plusieurs niveaux d'interprétation. D'abord une réflexion sur la définition de l'Art, ici on ne parle pas du vulgaire graff' mais d'un moyen d'expression artistique avec une vraie démarche esthétique, pas de tags dégradant des murs urbains déjà laids. Mais est-ce que cela peut pour autant rivaliser avec Raphaël ou émouvoir les foules comme une œuvre majeure et universelle ? Justement, une autre question est soulevée, c'est celle des clients. Dans le film on montre ostentatoirement les Angelina Jolie et autres Jude Law en tant qu'amateurs "d'art underground" ou de riches s'encanaillant avec des "collections" Banksy. Alors, on achète pour faire cool ?

La question de l'authenticité est bien entendu omniprésente, avec TG et aussi au niveau des œuvres elles-mêmes d'ailleurs. Un pochoir ça se copie, un graffiti c'est anonyme, un style graphique ça s'imite, une photocopie ça se duplique... Banksy et un autre artiste, Shepard Fairey disent d'ailleurs de MBW qu'il s'est inspiré voire copié tous les styles graphiques rencontrés au cours des année et en a extrait le sens/l'essence. Alors démarche artistique ou nouveau Banksy cheap ? Ce que je trouve un peu euh, con c'est qu'au début du film Banksy (si c'est lui) nous dit "faire un film sur un mec plus intéressant que lui" alors qu'à la fin il le reconnait comme n'étant rien (ou alors un lointain héritier de Warhol). Formule détournée pour s'autovaloriser ? Tiens, d'ailleurs dans le film MBW n'effectue même pas lui-même les travaux. Lui, il a l'idée, c'est déjà pas mal... A moins que derrière MBW se cache vraiment un collectif ?

Le dernier aspect artistique questionné n'est pas nouveau mais prend encore plus de sens ici, il s'agit de la réflexion sur la célébrité rapide et l'étiquette "artiste" collée elle aussi rapidement depuis que l'Art est devenu moderne. Faire le plasticien dans la rue suffit-il pour se définir comme street artist ? Utiliser et détourner des graphismes déjà connus suffit-il pour se définir comme artiste controversé ?

Sinon du point de vue graphique et esthétique, j'ai quand même bien aimé le film. Pas par la façon dont c'était filmé (le côté caméra embarquée par TG me donne mal à la tête) mais plutôt par les aperçus graphiques. Le film, lui, énerve et certains conseillent même, à défaut de faire le mur, de faire l'impasse (Télérama)...

En tout cas, moi je découvre Banksy, même si je connaissais de loin son travail je n'avais pas de nom à mettre dessus. Je trouve son travail recherché et esthétique, et "rock"... J'ai une petite pensée émue pour l'artiste qui peint les ombres des lampadaires ou des bancs publics, c'est... c'est ... poétique d'un instant "T".

Image du milieu prise dans le supplément gratuit Beaux Arts.

Ah oui ! Et bonne année 2011 !

vendredi 23 avril 2010

New York, I Love You

C'est le premier film que je vois depuis un mois de bénévolat dans ce cinéma et de plus je suis doublement en retard car c'est un film qui date d'octobre 2009.

Dans le guide : pas de résumé mais une apologie de la grosse pomme fascinante, vertigineuse et pleine d'émotions. L'affiche du film présente celui-ci comme une sorte de Paris, je t'aime (quelle originalité dans le titre) et comme un collage de tranches de vies de plusieurs personnages mises ensemble. On peut donc supposer que New York, I Love You c'est Paris je t'aime à l'américaine. J'avoue que j'avais peur de tomber sur un film intello-mièvre et sophistiqué vu le titre et la flopée d'acteur connus ou dont on connaît très bien le visage mais pas le nom. Toutefois je n'ai pas vu Paris je t'aime, alors je ne savais pas à quoi m'attendre. Par contre j'aime assez New York et son charme cosmopolite, vieillot et parfois bohémien.


Je savais que le film avait plusieurs réalisateurs différents qui s'étaient occupés chacun d'une partie du film, je m'attendais à des courts métrages bien distingués des uns des autres comme dans New York Stories. Mais ici il s'agit bien d'un seul film avec différentes histoires imbriquées qui sont en fait une seule et même car on le comprend à la fin. Les histoires se suivent et ont une certaine continuité entre les personnages avec des scènes de transition dans leur vie quotidienne en tant qu'habitant de New York, sauf peut-être 1 ou 2 sections qui laissent un peu perplexe...

Tout d'abord je suis arrivée en retard, j'ai donc ratée la première section mais on m'avait prévenu qu'elle était moins bonne et aussi je trouve que Hayden Christensen n'est pas un très bon acteur, donc pas de regret. Par contre la suite nous met un peu plus dans le bain : 2 personnages, un indien jainiste et une juive hassidique dans une négociation pour l'achat d'un diamant. Non seulement ils comprennent la langue de l'autre mais aussi ils se découvrent une sorte de lien spirituel. A noter que Natalie Portman est magnifique, même chauve !

Section suivante, j'ai trouvé l'histoire assez attachante dans une banalité originale (lol). C'est l'histoire d'un mec, un compositeur de musique de dessin animé (Orlando Bloom), qui commence à développer une relation avec l'assistante de son producteur mais il ne l'a jamais rencontrée ni vu son visage, il sait juste qu'elle a une voix très sympathique et beaucoup d'esprit. Le mystère étant attirant, il insiste un peu puis fini par abandonner stressé par le poids du travail que lui donne son patron. Mais ce travail était-il peut-être juste un prétexte ?


La scène suivante (réalisée par Yvan Attal) met en scène 2 "couples" ou plutôt 2 duos sur le même mode opératoire qu'est de sortir dans la rue fumer sa cigarette. La première rencontre est plutôt cocasse avec un homme (Ethan Hawke) utilisant son bagou volubile afin de séduire une belle asiatique, il commence à jouer l'expert "sexuel" alors que la jeune femme se révèle être elle-même une...professionnelle du sexe La seconde rencontre joue plutôt dans la provocation avec une femme dans le début de son bel âge (Robin Wright) qui tente d'allumer (cigarette et "cigare") un inconnu juste pour se tester.

New York nous est ensuite présentée à travers les yeux et la réflexion d'un adolescent dont la principale inquiétude est de se faire déniaiser mais malheureusement sa petite amie (Blake Lively) l'a laissé tomber 2 jours avant le bal de promotion, son pharmacien lui propose alors sa propre fille. Ô surprise, elle est handicapée et en plus il doit se plier à ses 4 volontés. Mais la belle n'est pas ingrate et le récompense d'une façon bien particulière... Méfiez-vous de la méthode stanislavski !

Ensuite le film devient plus sensuel, avec l'histoire d'un couple et d'un "plan cul" d'une nuit (one night stand) qui se transformerait presque en vraie histoire et pourtant rien ne les attirait forcément l'un vers l'autre, ni l'âge ni le style. On rentre dans la psychologie homme et femme pendant le processus de "tomber amoureux".


La section suivante me laisse assez perplexe, je n'ai pas très bien compris ce qu'il se passait mais une chose sûre est l'esthétisme : façon de filmer, couleurs, contrastes de lumières... Shia LaBeouf est très touchant en Quasimodo et sa courte relation avec la vieille chanteuse d'opéra emprunte d'élégance et de pudeur. Je ne sais pas si Shia était un fantôme du passé ou un être humain ignoré de tous, mais la nostalgie et la tristesse règnent dans la scène. " Vous êtes trop jeune pour être si triste" lui dit-elle avant qu'il ne disparaisse.

Plus de gaîté maintenant ! On suit une petite fille et son papa, l'une est blanche et l'autre est de type métis/latino. On se demande ce qu'ils font à déambuler dans central park comme ça, mais en tout cas il est évident qu'ils s'aiment très fort, tant et si bien que les nounous du parc le complimentent en lui disant qu'il est un très bon M. Nounou (a man nanny). Ce qui le laisse perplexe tout de même car en réalité il est un danseur reconnu et s'occupe de sa fille à cause de la démission de la mère (qui semble avoir refait sa vie avec un monsieur assez riche). J'ai été étonnée de voir que la réalisatrice n'est autre que Natalie Portman, elle signe aussi le scénario de cette partie du film et le travail est à la fois esthétique et critique sur les préjugés sociaux.

En parlant d'esthétique, la partie suivante narre l'histoire d'un peintre un peu obsédé par une jeune herboriste du quartier chinois, mais obsédé dans une recherche de muse. Il est subjugué par son regard en amande. J'ai bien aimé l'idée de peindre avec de la sauce soja, comme un effet brou de noix. On voit le peintre s'évanouir en plein travail et se réveiller à la recherche de la jeune fille pour lui proposer de lui faire son portrait, lorsqu'elle se décide, elle apprend que le peintre est mort et se voit proposer le loft de l'artiste sans ménagement. A-t-elle été hanté par le fantôme de l'artiste ? En tout cas elle retrouve son portrait dont il ne manquait que les yeux et qu'elle fini par rajouter elle même, lui donnant une âme ou achevant ainsi le travail de l'artiste.

Un peu d'humour cette fois avec ce couple de personnes âgées. ici c'est une vraie tranche de vie d'un couple qui se plaint des enfants, se taquine, faisant attention à l'autre de façon un peu rude mais toujours follement amoureux. On découvre qu'ils ont traversé la ville et failli "mourir" d'épuisement ou renversés par des voitures, juste pour commémorer leur anniversaire de mariage face à la mer, mais leur moment de béatitude est interrompue, le rêve se faisant rattraper par la réalité urbaine. Et c'est reparti !

Dernière partie du film, où l'on comprend le lien entre tous les protagonistes, comment a été a saisi le quotidien fantastique des new yorkers quel que soit leur métier, leur race, leur âge... Le film n'a pas vraiment de fin, la vie à New York est infinie, des quotidiens peu banals il y en aura toujours et chaque habitant en serait le héros.

On sort de ce film avec le sourire mais marqué d'une petite nostalgie. Il faut aimer New York et accepter son image fantasmée pour apprécier ce film. A ce qu'il parait le cycle de films de ce genre sur les grandes villes continue et apparemment Shanghai wo ai ni et Rio eu te amo sont en préparation avec un film sur Jérusalem entre les 2.