Affichage des articles dont le libellé est Tranches de vie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tranches de vie. Afficher tous les articles

mardi 7 septembre 2010

Teahouse of the August Moon - La petite maison de thé

C'est en lisant un document sur Okinawa dans le cadre de recherches pour un mémoire, j'ai découvert un film américain datant de 1956 dont le sujet était l'occupation américaine dans cette région. Sous ses airs de comédie légère sur des autochtones légers se cache une vraie satire et une compréhension profonde de la situation. Ce qui est encore plus rare c'est le sentiment pro-japonais qui se dégage du film, réalisé pas si longtemps après la seconde guerre mondiale.

Le film a été tourné à Okinawa avec des acteurs américains et des okinawais authentiques... sauf Marlon Brando. Même si l'on en parle souvent comme une erreur de casting (miscast), je trouve cet acteur bluffant dans le rôle de Sakini, interprète flegmatique mais dégourdi. Brando est un acteur "méthodiste" (method acting) ou plus précisément un adepte de la méthode Stanislavski et s'est donc selon la légende (et Wikipedia) imposé un entrainement de plusieurs semaines sur place pour obtenir des gestes, des postures et une façon de parler authentiques. Mais surtout s'est entrainé à porter le "maquillage jaune" (yellowface), c'est à dire la technique d'asiatisation hollywoodienne pour rendre "jaunes" les acteurs blancs américains interprétant des chinois ou des japonais etc. La technique existe aussi pour les noirs (blackface) et je vous renvoie aux questions de "White washing" et de "Slanted racism". Pour en revenir à Brando, interpréter Sakini était l'occasion de s'affirmer et de montrer qu'un bon acteur doit être capable de tout jouer même quelqu'un d'une autre race et je pense qu'il a contribué à cette légende de l'acteur universel transcendantal naturellement doué, modèle qui perdure encore aujourd'hui.

A présent le film. Pour faire court : Fisby, un jeune capitaine du service psychologique de l'armée, sensible et intelligent mais inadapté, est chargé de démocratiser le village de Tobiki mais se trouve séduit par les coutumes des habitants, et les aide à construire une maison de thé à la place de l'école prévue par le plan B...

Le film se joue entre 2 niveaux, d'une part l'américanisation et d'autre part l'acceptation/profit tiré par les okinawais de la situation, mais aussi, cohabite un troisième niveau plus subtil concernant la différenciation Okinawa/Japon incarné par la jolie geisha. Le choc des cultures nous est d'ailleurs introduit philosophiquement dès le début, Okinawa ou royaume des Ryukyus ayant été tour à tour investie par des pirates chinois, missionaires anglais, shogun japonais et soldats américains.

"La culture s'est apportée à nous. Pas besoin d'avoir quitté la maison pour ça." médite Sakini, vêtu de son jinbei en lambeaux.

Le film est plein de petits sarcasmes et de caricature surtout à l'encontre des américains : la profusion de panneaux indicateurs, l'insistance pour une école en forme de pentagone et le plus drôle, lorsque le colonel Purdy III fait remarquer à Sakini (toujours habillé de haillons) qu'un employé de l'armée américaine doit porter une tenue correcte, c'est à dire les chaussettes remontées jusqu'à mi-mollet.

Même si les insulaires sont décrits comme passifs, paresseux et non civilisés, ils sont à l'origine de tous les mots d'esprits du film tandis que les américains, sensés être "extrêmement civilisés" et messagers de la démocratie (mission que se donne les USA depuis 200 ans), se font manipuler doucement et retourner leurs principes contre eux. D'ailleurs le modèle qu'ils proposent devient vite une parodie servie par des incompétents, par exemple au moment de l'élection municipale à Tobiki, les femmes du village réclamant la même "discrimination" que pour la geisha etc.

"Elle dit que vous leur avez promis que tout le monde serait égal, boss"
"1. Des trucs rouges pour mettre sur les lèvres comme la geisha. 2. Des trucs qui sentent très bon."

La geisha est d'ailleurs l'élément perturbateur du bon fonctionnement de la démocratie (elle n'est apparemment pas à son premier sabotage). Elle incarne la véritable culture japonaise, qui est pour les okinawais la vraie civilisation. Elle fini d'ailleurs par donner des cours aux femmes de la ligue. Le modèle américain proposé consiste à chercher des choses à fabriquer et à vendre, l'industrialisation, singer un mini gouvernement et une école pour américaniser les petits japonais. Alors que ce que veulent vraiment les habitants de Tobiki c'est le syncrétisme de l'élégance, la subtilité de la culture japonaise avec celle de la tradition d'Okinawa. Ce que fait remarquer Sakini en disant que ce que les gens veulent n'est pas une inutile école en forme de pentagone, mais une vraie maison de thé qui leur donnerait un certain prestige comme à la ville.

Le capitaine Fisby peu à peu comprend et respecte les coutumes japonaises au-delà du stéréotype comme le montre la scène dans laquelle Sakini lui explique le rôle d'une geisha, qui est plus celui d'une dame de compagnie qu'une courtisane. Il est totalement séduit et se prend tellement au jeu des traditions locales qu'il va même jusqu'à vêtir sa robe de chambre en guise de kimono ou encore prendre plaisir à regarder le soleil se coucher. Et lorsque que le capitaine Mc Lean est envoyé afin de vérifier la bonne marche de la démocratie, Fisby réussit même à le convaincre et trouve un moyen de le faire rester (un potager bio expérimental qui peut être d'une certaine façon une variante du paradis pastoral cher aux américains).

Fisby pensait que c'était une coutume de paresseux, mais il a finalement appris à contempler la beauté de la fin du jour.

La scène de la maison de thé est surprenante. On nous montre les danses traditionnelles d'Okinawa suivies de la danse de la geisha sans distinction mais plutôt comme une unité (ce dont se targue Okinawa c'est bien l'assimilation de cultures). Mais lorsque vient le tour des Américains, ils n'arrivent qu'à montrer un chant convivial mais qui reste tout de même d'un niveau peu élevé. D'ailleurs, lorsque que les villageois ont tenté de vendre leur produits artisanaux les américains leur ont rit au nez, ne s'intéressant qu'au brandy fait maison avec des patates douces (à noter que la vodka se fait aussi avec des pommes de terre).

L'ouverture de la maison de thé est le point culminant du film, c'est lorsque l'on croit que les okinawais ont pu obtenir ce qu'ils voulaient que le colonel Purdy découvre tout et demande la destruction immédiate de ce qu'il croit être une maison de débauche. Tout s'arrange évidemment, les okinawais étant plus malins et s'arrangeant pour faire croire à l'envahisseur sa résignation.

La conclusion du film est que Tobiki est devenu un exemple d'intégration, ce qui est quand même un comble car ils sont déjà chez eux mais je pense qu'il faut surtout le comprendre comme terrain d'union ou compromis entre culture autochtone persistante et règles du vainqueur. L'histoire entre Lotus Blossom (la geisha) et Fisby représente bien cela, ils peuvent s'entendre car il aime profondément la culture japonaise ou okinawaise et la geisha aime la manière dont il la respecte.

Malgré quelques petites erreurs dans les kanjis du titre du film, et la question de "yellowface", la culture japonaise et okinawaise (avec des vraies musiques d'Okinawa et le célèbre Sakura sakura par exemple) sont assez bien représentées sans amalgame et la langue japonaise assez exacte. Le film est subtil et drôle, et est également adapté du pulitzer éponyme, n'est-ce-pas un signe de qualité ?


Ps : pour ceux qui se scandalisent sur le fait que Brando incarne un japonais, je trouve pas mal réussi par rapport à ce qu'à fait Angelina Jolie dans "A mighty heart". Ou alors plus léger mais plus scandaleux : Le dernier maitre de l'air de Shyamalan, où le changement ne correspond carrément plus au contexte culturel des personnages.

vendredi 21 mai 2010

Mammuth

Ce film, ce n'est pas une histoire qu'on nous raconte, mais une émotion...

Comme il est quasiment impossible d'en faire un résumé (complet et intéressant), je vous mets directement le synopsis :

Serge Pilardosse vient d’avoir 60 ans. Il travaille depuis l’âge de 16 ans, jamais au chômage, jamais malade. Mais l’heure de la retraite a sonné, et c’est la désillusion : il lui manque des points, certains employeurs ayant oublié de le déclarer !

Poussé par Catherine, sa femme, il enfourche sa vieille moto des années 70, une « Mammut » qui lui vaut son surnom, et part à la recherche de ses bulletins de salaires.

Durant son périple, il retrouve son passé et sa quête de documents administratifs devient bientôt accessoire…

Le film est donc présenté comme un road-trip et en plus on voit Depardieu rouler sur sa moto sur l'affiche. Les réalisateurs font même le parallèle avec Ulysse. Grâce au road-trip donc, on rencontrera des personnages sur fond de critique de la société française mais qui manque de profondeur parfois. Ici on aura en plus des situations grotesques (par exemple Ulysse/Mammuth qui retrouve Pénélope/Catherine en train de se raser les aisselles, ou encore lorsqu'il reste coincé dans ses toilettes), des personnages pas caricaturaux mais singuliers et une pudeur des émotions. Depardieu est énorme, tant physiquement qu'au niveau du charisme, les autres acteurs (des passants comme le disent Kervern et Delépine) même avec de petites scènes arrivent à montrer beaucoup de choses mais subtilement. Je ne vous fait donc pas de résumé pour ce film mais plutôt vous faire revivre les rencontres que ce Depardieu au physique d'ours mais au cœur d'enfant va faire au long de ce film tout en détails.

Beaucoup de rencontres sont anecdotiques, elles ne font pas avancer l'histoire mais participent à faire que l'ambiance du film se désenchante mais en douceur et souvent dans ces moment-là, on est plongés dans le point de vue de Mammuth puisqu'on est littéralement derrière son dos. énorme. Par exemple, une scène marrante mais à la fois triste est celle du restaurant où 3 hommes sont en train de diner en face de lui et dont un qui semble téléphoner à sa fille et s'épanche de façon peu pudique. Il fini par éclater en sanglots ce qui provoque le rire chez ses voisins de table. Benoît Poelvoorde est aussi très bien en beauf méthodique chasseur de trésors sur les plages.

Quelques rencontres méritent qu'on s'y attarde dessus : d'abord rencontre dans le Super U où travaille la femme de Serge, avec un boucher mal embouché si l'on peut dire. D'abord poli mais sans plus, il fini par envoyer paître Serge et la discussion se transforme en une sorte de chamaillerie entre grosses gueules. Vous reconnaitrez en passant Gustave Kervern dans le rôle de boucher aigri, ça démarre fort pour une première rencontre. Oui tiens, d'ailleurs dans ce film on penserait qu'étant donné son physique, Mammuth pourrait casser la gueule à tout le monde mais en fait il subit. Il se fait éconduire, rembarrer méchamment mais se tait toujours, la tension est palpable mais rien n'éclate, même lorsqu'il poursuit un mec en bagnole il se content juste de lui dire : c'est pas bien !
D'ailleurs sa nièce le lui fait remarquer lorsqu'elle fait une statue de lui :
"Le ouistiti c'est ton zizi"
"C'est bien fait"

"Oui c'est bien fait pour toi."


Au sujet de la rencontre avec la nièce, c'est la plus bizarre du film (après la scène de branlette avec son vieux cousin je pense). Je ne suis pas tellement convaincue par Miss Ming, dans son trip d'accord mais énervante et parfois pas tellement naturelle sauf dans la scène de demande d'emploi. Par contre son univers glauque, kitsch et art brut est assez bien réussi, c'est comme un jardin du pays des merveilles d'Alice mais trash.

Sinon à noter la présence d'Isabelle Adjani en fantôme accompagnant Serge comme une sorte de conscience, c'est elle qui lui dit de se bouger le cul pour finir. Elle d'ailleurs est très bonne dans le film : vieille/jeune/vieille, elle représente un amour de jeunesse tragique et en tant que revenant son regard est effrayant, à la fois doux et complètement lugubre, ses yeux sont restés hagards à tout jamais.

Les femmes semblent donc être importantes dans ce film (surtout l'épouse qui est à l'origine de la plupart des moments drôles), déjà c'est devant l'insistance de sa femme que Mammuth se décide à partir à la recherche des papiers manquants. Le voyage n'est qu'une suite de mésaventures : portes closes, gens peu serviables et même une fausse handicapée mais véritable escroc, un peu comme ces jeunes autostoppeuses dans les films américains dont on sait qu'il faut se méfier tout de suite. En outre, la femme de Mammuth aussi a eu son moment "a l'américaine" ou son presque road-trip lorsqu'elle apprend que son mari s'est fait tirer son portable, elle nous refait presque Thelma et Louise avec son imposante amie. D'abord très remontées, c'était les beaufes se rebellent, la vengeance des moches ou encore les travailleuses font la révolution... ou pas.



Pour le côté technique, le film est tourné en 8mm, ce qui donne un grain et un charme particulier au film mais le rend parfois désagréable à regarder ou assez fade pour les yeux. A remarquer que certains plans sont des images qu'Isabelle Adjani a tournées en super 8 autour de Depardieu. Beaucoup de gros plans sont faits sur le dos ou sur le visage de Depardieu, soulignant ainsi son aspect maladroit ou un peu renfermé sur lui même. Par contre les détails scénaristiques sont souvent en voix-off, il faut rester attentif. Par exemple en faisant attention on apprend que Serge et sa femme Catherine se sont rencontrés lorsqu'il voulait se suicider (c'est quand même pas pratique pour les malentendants du coup).

Je ne conseillerais pas vraiment ce film, il ne représente pas grand intérêt mais il reste bon dans son genre (lequel ?). Je ne regrette pas de l'avoir vu mais certains passages sont lourds malgré que les acteurs ou les situations soient bons et on a parfois une impression de remplissage en attendant le but ultime d'un road-trip qu'est l'évasion. Si vous vous attendiez à quelque chose d'extrêmement déjanté par les auteurs du Groland, passez votre chemin !

vendredi 23 avril 2010

New York, I Love You

C'est le premier film que je vois depuis un mois de bénévolat dans ce cinéma et de plus je suis doublement en retard car c'est un film qui date d'octobre 2009.

Dans le guide : pas de résumé mais une apologie de la grosse pomme fascinante, vertigineuse et pleine d'émotions. L'affiche du film présente celui-ci comme une sorte de Paris, je t'aime (quelle originalité dans le titre) et comme un collage de tranches de vies de plusieurs personnages mises ensemble. On peut donc supposer que New York, I Love You c'est Paris je t'aime à l'américaine. J'avoue que j'avais peur de tomber sur un film intello-mièvre et sophistiqué vu le titre et la flopée d'acteur connus ou dont on connaît très bien le visage mais pas le nom. Toutefois je n'ai pas vu Paris je t'aime, alors je ne savais pas à quoi m'attendre. Par contre j'aime assez New York et son charme cosmopolite, vieillot et parfois bohémien.


Je savais que le film avait plusieurs réalisateurs différents qui s'étaient occupés chacun d'une partie du film, je m'attendais à des courts métrages bien distingués des uns des autres comme dans New York Stories. Mais ici il s'agit bien d'un seul film avec différentes histoires imbriquées qui sont en fait une seule et même car on le comprend à la fin. Les histoires se suivent et ont une certaine continuité entre les personnages avec des scènes de transition dans leur vie quotidienne en tant qu'habitant de New York, sauf peut-être 1 ou 2 sections qui laissent un peu perplexe...

Tout d'abord je suis arrivée en retard, j'ai donc ratée la première section mais on m'avait prévenu qu'elle était moins bonne et aussi je trouve que Hayden Christensen n'est pas un très bon acteur, donc pas de regret. Par contre la suite nous met un peu plus dans le bain : 2 personnages, un indien jainiste et une juive hassidique dans une négociation pour l'achat d'un diamant. Non seulement ils comprennent la langue de l'autre mais aussi ils se découvrent une sorte de lien spirituel. A noter que Natalie Portman est magnifique, même chauve !

Section suivante, j'ai trouvé l'histoire assez attachante dans une banalité originale (lol). C'est l'histoire d'un mec, un compositeur de musique de dessin animé (Orlando Bloom), qui commence à développer une relation avec l'assistante de son producteur mais il ne l'a jamais rencontrée ni vu son visage, il sait juste qu'elle a une voix très sympathique et beaucoup d'esprit. Le mystère étant attirant, il insiste un peu puis fini par abandonner stressé par le poids du travail que lui donne son patron. Mais ce travail était-il peut-être juste un prétexte ?


La scène suivante (réalisée par Yvan Attal) met en scène 2 "couples" ou plutôt 2 duos sur le même mode opératoire qu'est de sortir dans la rue fumer sa cigarette. La première rencontre est plutôt cocasse avec un homme (Ethan Hawke) utilisant son bagou volubile afin de séduire une belle asiatique, il commence à jouer l'expert "sexuel" alors que la jeune femme se révèle être elle-même une...professionnelle du sexe La seconde rencontre joue plutôt dans la provocation avec une femme dans le début de son bel âge (Robin Wright) qui tente d'allumer (cigarette et "cigare") un inconnu juste pour se tester.

New York nous est ensuite présentée à travers les yeux et la réflexion d'un adolescent dont la principale inquiétude est de se faire déniaiser mais malheureusement sa petite amie (Blake Lively) l'a laissé tomber 2 jours avant le bal de promotion, son pharmacien lui propose alors sa propre fille. Ô surprise, elle est handicapée et en plus il doit se plier à ses 4 volontés. Mais la belle n'est pas ingrate et le récompense d'une façon bien particulière... Méfiez-vous de la méthode stanislavski !

Ensuite le film devient plus sensuel, avec l'histoire d'un couple et d'un "plan cul" d'une nuit (one night stand) qui se transformerait presque en vraie histoire et pourtant rien ne les attirait forcément l'un vers l'autre, ni l'âge ni le style. On rentre dans la psychologie homme et femme pendant le processus de "tomber amoureux".


La section suivante me laisse assez perplexe, je n'ai pas très bien compris ce qu'il se passait mais une chose sûre est l'esthétisme : façon de filmer, couleurs, contrastes de lumières... Shia LaBeouf est très touchant en Quasimodo et sa courte relation avec la vieille chanteuse d'opéra emprunte d'élégance et de pudeur. Je ne sais pas si Shia était un fantôme du passé ou un être humain ignoré de tous, mais la nostalgie et la tristesse règnent dans la scène. " Vous êtes trop jeune pour être si triste" lui dit-elle avant qu'il ne disparaisse.

Plus de gaîté maintenant ! On suit une petite fille et son papa, l'une est blanche et l'autre est de type métis/latino. On se demande ce qu'ils font à déambuler dans central park comme ça, mais en tout cas il est évident qu'ils s'aiment très fort, tant et si bien que les nounous du parc le complimentent en lui disant qu'il est un très bon M. Nounou (a man nanny). Ce qui le laisse perplexe tout de même car en réalité il est un danseur reconnu et s'occupe de sa fille à cause de la démission de la mère (qui semble avoir refait sa vie avec un monsieur assez riche). J'ai été étonnée de voir que la réalisatrice n'est autre que Natalie Portman, elle signe aussi le scénario de cette partie du film et le travail est à la fois esthétique et critique sur les préjugés sociaux.

En parlant d'esthétique, la partie suivante narre l'histoire d'un peintre un peu obsédé par une jeune herboriste du quartier chinois, mais obsédé dans une recherche de muse. Il est subjugué par son regard en amande. J'ai bien aimé l'idée de peindre avec de la sauce soja, comme un effet brou de noix. On voit le peintre s'évanouir en plein travail et se réveiller à la recherche de la jeune fille pour lui proposer de lui faire son portrait, lorsqu'elle se décide, elle apprend que le peintre est mort et se voit proposer le loft de l'artiste sans ménagement. A-t-elle été hanté par le fantôme de l'artiste ? En tout cas elle retrouve son portrait dont il ne manquait que les yeux et qu'elle fini par rajouter elle même, lui donnant une âme ou achevant ainsi le travail de l'artiste.

Un peu d'humour cette fois avec ce couple de personnes âgées. ici c'est une vraie tranche de vie d'un couple qui se plaint des enfants, se taquine, faisant attention à l'autre de façon un peu rude mais toujours follement amoureux. On découvre qu'ils ont traversé la ville et failli "mourir" d'épuisement ou renversés par des voitures, juste pour commémorer leur anniversaire de mariage face à la mer, mais leur moment de béatitude est interrompue, le rêve se faisant rattraper par la réalité urbaine. Et c'est reparti !

Dernière partie du film, où l'on comprend le lien entre tous les protagonistes, comment a été a saisi le quotidien fantastique des new yorkers quel que soit leur métier, leur race, leur âge... Le film n'a pas vraiment de fin, la vie à New York est infinie, des quotidiens peu banals il y en aura toujours et chaque habitant en serait le héros.

On sort de ce film avec le sourire mais marqué d'une petite nostalgie. Il faut aimer New York et accepter son image fantasmée pour apprécier ce film. A ce qu'il parait le cycle de films de ce genre sur les grandes villes continue et apparemment Shanghai wo ai ni et Rio eu te amo sont en préparation avec un film sur Jérusalem entre les 2.